Grouille la ville

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Grouille la ville

Des grappes de touristes à ses remparts flamboyants
La ville suffoque sous les rayons plombants
Ça se goinfre de glaces, leurs doigts de chantilly,
Coulent sur les pavés de la cité qui grouille à l’infini

Les bateaux posés sur les vaseux font rire les sudistes
De leur grande gueule, ils avalent des frites grasses.
Comme des goélands voraces, grouillent les touristes !
Et après un festin de crêperie, sur la plage font les limaces

C’est un jour de monde, un jour où tous grondent, ils viennent en bande
Des gaufres plein la panse, débarquent comme en transhumance
Vont brouter l’herbe du grand Bé et de la Hollande
Et s’étalent sur les bords de la cité immense

Grouille la ville sous un flot d’humains aoûtiens
A la nuit tombée ils ne sont que silhouettes saoules
Croassent en titubant comme de gros batraciens
Bien après Noguette dans les rues c’est la houle !

A l’aube les rues sont évidées, de toutes substances touristiques
Quand dans un bruit de ferraille les terrasses s’alignent en armée
Ils vont revenir comme des hordes, boursouflées d’un soleil mystique
Grouillera la ville ! Il me reste un répit, quinze minutes devant un café
Je les entends, je les regarde s’agglutiner comme des moules

De mon regard aux décoctions d’acide j’évite la foule
Mais tout grouille sur ce rocher ! Cette cité de granit
Comme un manège la ville est partie pour son zénith

A nouveau grouille la ville !